Le Père Général au Conseil général de l’Union des supérieurs généraux

Le Père Général a été invité par l’Union des supérieurs généraux à partager son analyse et ses réflexions suite à sa participation au Synode sur les jeunes (octobre 2018). Il l’a fait lors du Conseil général de l’organisme qui s’est tenu à Rome du 21 au 23 novembre.

Voici quelques extraits de la deuxième partie de son allocution, celle qui fait ressortir les signes des temps qui ont été identifiés durant le synode et qui lui sont apparus significatifs. Après avoir mentionné que les jeunes et leurs contextes de vie doivent être compris comme un espace théologique à partir d’où on peut écouter l’Esprit Saint, le père Sosa mentionne, comme signes, la société séculière et la transformation anthropologique qui découle du monde numérique. Il aborde ensuite deux sujets auxquels les jésuites se sont intéressés depuis des années, celui des migrations et celui de la reconnaissance de la place des jeunes et des femmes dans l’Église.

« Les migrations en tant que phénomène global, massif et complexe. Des centaines de millions d’êtres humains se mettent en route dans un monde en voie de mondialisation. La plupart d’entre eux sont contraints de la faire par l’absence de conditions de vie dignes dans leur lieu d’origine, soit par l’injustice structurelle, soit par la violence qu’elle génère. Le nombre de personnes déplacées et de réfugiés tend à augmenter dans le monde entier. Les vagues d’êtres humains qui se lancent dans l’aventure de la recherche d’autres horizons se multiplient également. La grande majorité d’entre eux sont jeunes.

La nouvelle ère de l’humanité ouvre également des possibilités de mobilité humaine positive où les échanges mondiaux s’enrichissent mutuellement. Dans un monde réconcilié avec la justice sociale et l’environnement, qui valorise la diversité culturelle et la liberté religieuse, la migration peut devenir une source d’enrichissement et de créativité. »

« La reconnaissance des jeunes et des femmes comme sujets des communautés ecclésiales. Les jeunes et les femmes font partie de l’Église, qui en doute ? Le signe est leur pleine incorporation dans la direction pastorale de l’Église, car il n’y a aucun doute qu’ils jouent un rôle secondaire dans la structure de responsabilité pastorale de la communauté.

Parvenir à cette reconnaissance implique d’approfondir les racines historiques et sociales du rôle joué par les jeunes et les femmes dans les sociétés humaines et dans l’Église. Elle exige une compréhension non pas simpliste mais complexe des processus historiques et sociaux. En même temps, elle exige créativité et ouverture à l’Esprit pour trouver un moyen d’incorporer les jeunes et les femmes dans la direction pastorale d’une Église qui s’adapte au modèle inachevé de Vatican II. »

En conclusion, le P. Sosa propose des pistes d’action que les religieux peuvent suivre pour faire que le synode porte fruit à moyen et long terme. Celle qu’il a gardé pour la fin est la suivante :

« L’engagement effectif dans la transformation sociale en tant que témoignage de l’annonce de la possibilité du Royaume de justice, de paix et d’amour. »

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